Articles avec le tag ‘enfant’

La composition (article enfant n°8)

On peut montrer simplement à l’enfant que son tableau est une surface colorée en équilibre avec des lignes.

– Qu’est-ce qui te plaît et te gène dans ton dessin ? Le bleu ? Pourquoi ?

– T’es-tu vraiment intéressé à ce coin à gauche, ou as-tu fait du remplissage ?

– Quand je regarde ton dessin peint et que je cligne des yeux, je vois surtout cette tache rouge. Est-ce bien la chose la plus importante ?

– Qu’as-tu voulu exprimer ?

La peinture s’exprime par l’équilibre, la visibilité, la compréhension, l’expressivité…ou (et)  la propreté.

Mais l’enfant pourra se suffire d’un aspect qui est important pour lui, ou au contraire vouloir jeter un dessin qui a des aspects intéressants mais un élément raté à son sens.

Les critiques sont délicates car composition et expression sont inséparables. Il y a des vides évocateurs et des vides remplis sans conviction qui restent vides.

Les enfants se critiquent très bien eux-mêmes et ont souvent des solutions pour occuper l’espace.

D’après les écrits de F. Le Clerc

 

Composition image / photo N. Le Clerc

Composition d’une image / photo N. Le Clerc

 

Les corrections (article enfant n°7)

Il ne faut pas oublier l’essentiel. Comme dit le peintre Braque :  » En art, il n’est qu’une chose qui vaille, celle qu’on ne peut expliquer « .

Le professeur est avant tout un spectateur content de voir une trouvaille, une couleur…Donc, encouragements et admiration bien avant les corrections. Des petites corrections sont parfois possibles avec son acceptation si on connaît bien l’enfant dans ses créations.

Souvent, il faut encourager longtemps avant que l’enfant révèle un monde oublié ou caché. « J’aime bien ton dessin, et toi ? »

L’enseignement sera avant tout d’aider l’enfant à se libérer de cette pesanteur qui l’entraîne à se répéter lui-même, à copier sans comprendre ni sentir, à laisser son oeuvre inachevée. « Je jette mon dessin, il est mal » veut souvent dire « Je n’ai pas le courage de continuer, je vais faire ce que je sais faire ».

Vers 10 ans, l’enfant n’est souvent plus satisfait de son dessin. Il lui manque quelque chose et l’exprime verbalement…ou pas. Il veut être « corrigé ». Il demande un jugement de valeur : bien mal, mais est surtout en attente de règles, de raisons extérieures à lui-même. On peut glisser vers un débat technique.

Vers 11-12 ans, l’observation ne suffit plus et on découvre qu’un croquis, c’est difficile. On se laisse déborder par les détails et il faut faire des choix. Les explications collectives sont plus faciles à partir de cet âge.

D’après les écrits de F. Le Clerc

 

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Reproduire, modèles (article enfant n°6)

Rien ne vaut, pour comprendre et fouiller une oeuvre, que de s’exercer à la reproduire : étude de la composition, des proportions, de la profondeur (perspective, ombres, variation des couleurs selon l’éloignement, épaisseur de peinture) et des couleurs avec leur dominante.

Toutefois, plus ils sont jeunes, plus ils veulent transformer selon leur imaginaire : changement de format, utilisation partielle ou agrandissement de détail, transformation de sculpture en tableau ou de peinture en gravure. C’est bien aussi. L’apprentissage des techniques se fera par la suite, ou par petites étapes.

Parfois, il se trouve que l’oeuvre d’un artiste corresponde aux désirs, à la vision, à la compréhension d’un enfant. L’apprentissage rapide ou plus approfondi de la technique permet alors de reproduire les principes à des créations très personnelles.

Le modèle :

Un enfant, comme un adulte, peut avoir une mémoire visuelle limitée. Il peut alors se complaire dans les formes apprises et expérimentées.

Les images modèles qui serviront d’étude ou d’inspiration sont souvent choisies sans hésitation par les jeunes enfants : « J’aime. J’aime pas. Je n’en veut pas ». Dessiner ou peindre d’après nature n’est pas facile à organiser et les sujets sont souvent limités. Il faut un choix important de modèles : images et objets hétéroclites, insolites, familiers.

Il n’est pas toujours facile de s’approprier un modèle, d’en être « inspiré ». Sinon, l’exercice sera simplement froid et habile.

C’est souvent à partir de 11 ans que l’enfant demande un fort soutien, un excitant extérieur à lui pour faire une nature morte, un portrait…Mais le refus de l’imitation peut revenir à tout âge : imaginaire ou besoin de liberté.

 

D’après les écrits de F. Le Clerc

Camargue cygnes / photo N. Le Clerc

Des modèles simples mais mobiles de cygnes en Camargue / photo N. Le Clerc

 

 

Maîtres, modèles (article enfant n°5)

On peut proposer des images simples aux jeunes enfants qui ont besoin de compléter leur imaginaire d’un élément différent de ce qu’ils dessinent habituellement.

Toutefois, c’est souvent à partir de 12 ans que les formes d’art, l’étude d’un peintre ou l’analyse d’un tableau peut être bien reçue.

– Quels maîtres proposer ? Mais tous naturellement : civilisations anciennes et lointaines, Renaissance, Impressionnisme, Contemporains.

– Il faut parfois insister pour sensibiliser aux graphismes anciens, extra européens ou du XXe siècle, sauf si les parents les ont déjà fait découvrir.

Les constructions colorées et symboliques des peintres contemporains sont parfois proches des enfants par leur côté spontané et leur recherche de valeurs élémentaires. Ils ont introduit dans le public le goût des arts premiers (appelés autrefois primitifs) et des oeuvres d’enfant. Pourtant, les Contemporains ne sont pas toujours acceptés par les enfants.

D’après les écrits de F. Le Clerc 

Encre de Chine / F. Le Clerc

Aimes-tu ton dessin d’enfant ? (article enfant n°4)

– Si le jeune enfant aime son dessin, on peut dire probablement que celui-ci est bon, quelles que soient les appréciations de beauté que les adultes peuvent porter. Il a dit ce qu’il voulait dire, son oeuvre est réussie et il ne sollicite aucune approbation. S’il ne lui plait pas, il le jette.

– Les enfants plus grands ont bien sûr leurs goûts du moment, mais ils sollicitent l’opinion des autres et ont besoin d’être rassurés. Ils ont plus de pudeur et de timidité. Ils sont de plus en plus influencés par leus camarades qui aiment les dessins habiles et réalistes.

– Il y a parfois dans la même personne l’ancien petit qui garde ses idées et le sens des formes dans la spontanéité, et il y a le grand qui se critique lui-même et admire les copies réalistes de ses voisins.

On peut tenter de montrer des peintures ou sculptures d’art premier pour valoriser la liberté et la spontanéité, mais c’est parfois peine perdue.

La gravure simple ou un changement de technique permet parfois de libérer une crise d’indécision.

– Autour de 12 ans, certains grands enfants ont une opinion. Ils aiment ou pas et on peut en discuter. D’autres disent ne pas savoir, veulent plaire au professeur ou sont indifférents. Ils naviguent entre la méfiance d’eux-même, la discipline ou le conformisme, et sont habitués aux notations scolaires. Ils connaissent un accroissement des exigences que les adultes attendent d’eux. Ils hésitent dans leurs goûts et leurs choix profonds et ont de nombreux intérêts nouveaux. Ils oublient un peu le monde intérieur de leur enfance que parfois ils méprisent dans leur désir d’être grands.

La reproduction fidèle des objets de leur environnement pourra les intéresser, les rassurer et leur apporter une habileté et un coup d’oeil. Toutefois, cela ne pourra que très partiellement révéler leur originalité personnelle.

D’après les écrits de F. Le Clerc

La ville

Encre / 52 x 67 cm / La ville / F. Le Clerc

 

Voir également les infos d’apprentissage du dessin sur l’onglet Cours.

Je n’aime pas dessiner (article enfant n°3)

couple

Couple / encre / 38 x 45 cm / F. Le Clerc

Cette remarque de l’enfant peut être associée aux mauvais jugements de tiers, des expériences d’apprentissage sans liberté par manque d’idée ou par besoin d’agitation chronique…  L’inspiration et le goût ne sont pas forcément en question.

Ainsi, l’envie naturelle et positive d’être grand est peut-être importante, et l’orientation peut alors se faire dans un projet sur mesure valorisant, peut-être une activité d’art plastique voisine ou associée : compas, carte à gratter, découpage et collage…qu’il n’a pas encore utilisée et qui ne colle donc pas à la classique peinture de son enfance dont il ne veut plus.

D’après les écrits de F. Le CLERC

Comment apprécier un dessin (article enfant n°2)

La défaite de Sennachérib / encre / 56x80 cm / F. LE CLERC

– Chez les petits, c’est simple, tout est admirable. Un simple trait rouge dit sa joie d’être rouge.

– Avec les grands de 11 ans et plus, l’appréciation devient plus difficile. Un dessin qui exprime une recherche ou un sentiment est plus formateur et riche artistiquement qu’une œuvre de paresse ou de simple imitation de soi-même ou des autres.

Parfois, l’habileté sans émotion et les redites prennent le pas sur toute autre considération. Les élèves peuvenr être malins pour plaire. Une idée ou quelque chose à exprimer ne suffit pas toujours pour éviter la critique des éternels sapins chapeaux ou de la maison carrée.

Cependant, il peut arriver que le découragement nécessite un coup de pouce pour reprendre confiance et trouver une bonne idée.

– Il est plus difficile qu’il n’y paraît de reconnaître dans une exposition d’enfant les dessins originaux et expressifs de ceux qui ont été aidés par les « trucs » de lui-même ou de l’adulte. Bien sûr, qu’importe pour celui qui voit le résultat, mais il est difficile de parler de beauté ou d’art dans un contexte de culture, style ou progression comme chez l’adulte. Le dessin d’enfant presque inimitable peut être chef d’œuvre un jour, être le fruit du hasard et de la liberté sans crainte de jugement, et parfois ne pas avoir de suite.

D’après les écrits de F. LE CLERC

Dessin et peinture (article enfant n° 1)

Introduction :

– Le dessin peut être le principal moyen d’expression de la personnalité, ou être simplement une spécialité. Il est une activité naturelle et spontanée, ou construite et guidée.

– Jusqu’à 9 ans parfois, il est possible d’accompagner et stimuler l’imaginaire. Après, les enfants manquent parfois d’idées, ou affirment ne pas savoir dessiner et demandent de l’aide. On raconte des histoires ou on feuillette des documents et les idées viennent.

La démarche est bonne quand la joie et l’émotion sont au rendez-vous.

D’après les écrits de F. Le Clerc

 

Encre / 37 x 45 cm / Prague, église St Nicolas / F. LE CLERC

Encre / 37 x 45 cm / Prague, église St Nicolas / F. Le Clerc

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Peinture: Enfant au pouce

Peinture de Nicolas Le Clerc : Enfant au pouce / huile sur toile

24 x 33 cm

Pouce et petit Poucet, jamais seuls.


Enfant au pouce


Copyright 2009: Nicolas Le Clerc