Archive pour la catégorie ‘peinture’

Enfin un peu d’air pur et tiède de printemps !

Après l’hiver le printemps…

Aquarelle N.L. 30x40cm

Aquarelle N.L. 30 x 40 cm « Vers le haut »

 … et de bons bol d’air pur !

Après les fleurs, les fruits…

Petite toile acrylique N.L.

Petite toile acrylique N.L.

… et de beaux paniers garnis, sauf si… les abeilles manquent !

ESTIMER LA VALEUR DE SES ŒUVRES

Mettre un chiffre sur ses œuvres d’art n’est pas évident. Le prix de la création !?

Tenez compte des frais engagés : matériaux, déplacements, frais d’expositions, charges diverses.

Difficile de baisser ses prix avec la progression de votre activité. Commencez donc à petit prix pour progresser après. Il est préférable qu’une cote monte plutôt que l’inverse, pour respecter aussi le petit jeu de la spéculation.

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BEAUCOUP DE CRITÈRES RENTRENT EN COMPTE (dans le désordre)

– Situation du marché de l’art à une époque donnée.

– Situation du marché dans un lieu précis.

Le tarif acceptable d’un restaurant de village modeste ne sera pas le même que dans la galerie de luxe d’une grande ville.

Une vente à l’atelier de l’artiste sera souvent à prix plus serré.

Vous pouvez localement comparer aux prix locaux pratiqués.

Sujets :

Portraits : une femme ou un enfant, ainsi qu’un nu féminin se vendront plus cher qu’un masculin, jugé souvent plus académique. Une personne célèbre représentée sera souvent préférée à un inconnu.

Bien sûr, s’il s’agit d’un Rembrandt !

Scènes : les scènes civiles sont souvent préférées (kermesses, intérieurs typiques…) aux religieuses, et dans celles-ci les souriantes aux douloureuses.

Natures mortes : gibiers ou poissons morts sont peu recherchés dans le marché de l’art, même s’il est facile de trouver des toiles de peintres renommés.

Dimensions et type de peinture. Une aquarelle ou un pastel (plus fragiles) sont moins chers qu’une huile, quand les autres critères sont comparables.

Qualité de l’oeuvre, conservation et rareté pour un peintre renommé.

– Encadrement. Une toile ovale pourra se vendre moins cher car elle posera des problèmes d’encadrement.

Site web ; Livre dédié ; Notoriété de l’artiste.

Cotation du peintre ; Diplôme ; Expositions.

– Valeur de vente aux enchères comme référence (remarque : ventes arrangées possibles artiste-amis).

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Des exceptions à ces remarques et tendances sont possibles. C’est heureux.

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Au moment de la question du prix, certains vous demanderont parfois combien de temps a été nécessaire pour réaliser votre travail.

On peut dire tranquillement que le temps (et le poids en kg) d’une oeuvre ne font pas sa valeur artistique.

Comment calculer ce temps ? De nombreuses créations originales sont nécessaires pour en vendre une seule + la promotion et les déplacements d’expositions… et le reste.

L’envie efficace créatrice et réussie n’est pas quantifiable.

Vous recherchez à tout prix… un petit prix ? Peut-être qu’une reproduction (légale) de toile, ou un poster photo vous conviendront mieux ?

Voici le lien vers un formulaire de cotationN’y cherchez pas une précision universelle.

Il a le mérite d’exister mais… s’il suffisait d’un outil pour fixer un prix !

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Ne vendez pas une oeuvre que vous avez copié illégalement. Si elle est tombée dans le domaine public, sa qualité de copie doit être évidente (format différent, type de peinture, information au client…).

Rappel : l’art du faux illégal réclame érudition, finesse, sophistication, goût pour le mensonge et la dissimulation.

Déclarez vos ventes aux services fiscaux et de cotisations sociales.

Aquarelle, aquarîle et son eau autour

Son eau autour, son eau de couleurs liquides.

En ajoutant à son eau la sono musicale de votre passion sensible passionnée complémentaire du moment ?

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Exister un peu en discrétion dans le mystère grain de sable de nos vies : des petites graines quand même.

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L’une des aquarelle N.L. de mars 2018, et la maison qui a servi de modèle.

Aquarelle N.L. de 30 x 40cm

« Le pêcheur », aquarelle N.L. de 30 x 40cm

Dessin ou peinture : parfois, une image artisanale fabriquée a une histoire.

Maison du Lot actuellement très modeste de 1640

Cette maison du Lot actuellement très modeste, date de 1640

Secteur non habité de cette vieille maison

Secteur non habité de cette vieille maison

La première version huile sur toile que j'avais faite... il y a longtemps

La première version huile sur toile que j’avais faite… en 2006. Mieux ou moins bien ? Comme vous voulez, différent.

Remarques pour la petite histoire facultative :

La ligne verticale penchée du mur gauche de cette toile vient plus d’une particularité architecturale très (trop ?) respectée par le peintre, plutôt que d’un effet photo.

Des éléments (absents de la photo qui a servi de base de travail) ont été ajoutés : chat, étang. Ils sont dans l’esprit de la maison, son habitante et son environnement.

Esprit, es-tu là ?

Entre deux…

Aimer la musique d’hier, d’ailleurs, autant que d’aujourd’hui en picorant par des choix !? Entre deux…

Mais préférer la sincérité et l’équilibre relationnel des rapports individuels aux grandes messes d’efficacité et de générosité collective ?

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– Aimer la culture des salons de Louis à Versailles ?

– Le salon de l’agriculture de Paris vit sa vie en ce moment : veaux, vaches, couvées…

La terre sous les ongles est propre.

Entre deux… Aimer aussi l’humour faussement indélicat en désacralisant quelques secondes ?

Contrepèterie : c’est vache, un taureau. Doucher les rouilles du Corot pour border les draps du bonheur ?

La vie est si sérieuse ! Autant ne pas trop se prendre au sérieux par détachement, dérision, humilité, discrétion…

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Le Cantal est souvent… de l’entre-deux, même si le vieux fromage est parfois plus parfumé.

 

Aquarelle ou encre : tensions du papier

Aquarelle ou encre : les tensions du papier

 

Hors des papiers récents multi techniques indéchirables, le papier déteste l’eau… mais il n’y a pas d’aquarelle sans eau.
Pour des raisons de grain et de tensions du papier mouillé, ce support a donc beaucoup d’importance.
Bien sûr, on peut faire de l’encre sans lavis ou de l’aquarelle sur le sec, avec godets, crayons ou bâtons aquarellable partiellement mouillés en fin de dessin. Mais la magie de l’aquarelle vient beaucoup de la liberté de l’eau (en partie contrôlée).

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– L’aquarelle se fait habituellement par zones mouillées juste avant d’appliquer le pigment, par éponge, pulvérisateurtrempage intégral du papier (dans l’eau froide car l’encollage est fragile), ou par mouillages mixtes.
Le papier s’étend alors dans la cuvette d’eau, puis se rétracte au séchage : déformations et gouttières gênent alors le travail de peinture sur le mouillé. De plus, les déformations affectent la présentation du travail terminé sec.
– Les tensions du papier sont plus fortes si le support est très mouillé, de qualité insuffisante, de nature différente (coton ou fibres mixtes), de grande taille ou d’épaisseur réduite.

Les papiers spéciaux aquarelle à grain fin, satiné ou torchon font le plus souvent 300g /m² mais peuvent faire 100 à 700g. Un 600g sera souvent utilisé pour les très grands formats.
– La vitesse de séchage va dépendre du vent, de la température, de l’hygrométrie et du support perméable ou non pendant le travail.

Aquarelle fév 2018 - N. LE CLERC / Au lac

Aquarelle fév 2018 – N. LE CLERC / Au lac (un clic pour agrandir)

LIEN VERS LA GALERIE D’AQUARELLES 

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Que faire pour éviter les déformations du papier ?

Comme toujours dans les techniques d’aquarelle, nombreuses méthodes, astuces et façons de faire différentes au choix.
– Utiliser un bloc collé aux 4 côtés si cela vous convient.
– Papier adapté à votre façon de faire.
– Mettre simplement sous presse quand la peinture est terminée et que le papier reste juste un peu humide.
– Au sortir du trempage complet de la feuille, appliquer 4 bandes de kraft gommé pour la maintenir pendant le travail et pendant le moment de séchage partiel acceptable.
Prévoir un format de papier qui tienne compte des bordures blanches consécutives, pour votre format standard de passe-partout.
Par la suite et après séchage, si vous voulez le mouiller de nouveau, le papier qui s’est déjà étendu se déformera sensiblement moins (préparation de papiers vierges notamment).
– Mettre sous tension le papier par une méthode équivalente : cadre rigide qui maintient le papier agrafé…
– Certains tournent le papier mouillé recto verso pour répartir les tensions avant de peindre.

etc…

 

Aquarelle fév 2018 - N. LE CLERC / Doux ou fort

Aquarelle fév 2018 – N. LE CLERC / Doux ou fort

Vous pouvez consulter par ce lien l’article de ce blog : Aquarelle, le cycle de l’eau

Le style personnel

S’intéresser aux autres dans le « non personnel » oui, mais…

quelques mots sur les styles artistiques personnels :

tenter d’exister un peu !

– Le formatage réducteur d’une époque pressée préfère une lisibilité pour le public par un seul style qui définit un artiste.

Ce style devrait être l’aboutissement pyramidal magique de ses créations. C’est parfois vrai.

– D’autres artistes sont dans la durée en recherche fréquente d’imaginaire, par leur personnalité ou leur démarche.

Ce n’est pas un manque de maturité. Ils sont simplement différents, ce qui est banalement humain.

C’est ni mieux ni moins bien, mais comme ça.

Si cette recherche d’imaginaire s’arrête, ils perdront peut-être leur enthousiasme.

De plus, l’imaginaire est comme un muscle. Comme la mémoire, il faut le faire travailler.

Sinon, ils cesseront d’exister comme simples créateurs qui portent en eux un peu de leurs contemporains et prédécesseurs.

Ils peuvent alors faire malgré tout des variantes dans les styles qu’ils préfèrent… et c’est bien aussi.

Peinture : des découvertes

LA PEINTURE : DÉCOUVERTES PARFOIS ANCIENNES

  Quelques données :

– Une peinture comprend des pigments (poudres de couleur), des liants pour agglomérer, adhérer au support et aider au séchage (eau, huile, graisse, œuf…) et parfois des médiums pour modifier la texture et parfois aussi accélérer au séchage (gommes, résines, solvants, siccatifs, acétates, mastics…).

– A partir du XVIIIe, collaboration des artistes avec les marchands de couleurs.

– Les résines acryliques sont apparues à la fin des années 1950.

– Les pigments peuvent être d’origine naturelle (végétale, animale, minérale), synthétique et chimique (95% actuellement), organique : oxydes métalliques, roches, plantes, produits de combustion, goudron, houille, coquillages, chenilles, terres…

– Les noms des couleurs ? Dans les Beaux-arts, les marques ont le droit de donner le nom qu’elles veulent à leurs couleurs, contrairement aux arts appliqués qui se réfèrent au Pantone.

 

Quelques origines de pigments :

– Blanc : blanc de Meudon ou d’Espagne, lait, fromage blanc, chaux, coquilles d’œuf broyées + la céruse ou blanc de plomb (carbonate de plomb, toxique) remplacé maintenant par le titane, ou le zinc (toxique aussi).
– Noir : noir de fumée, bois de campêche, oxyde de manganèse, tubes de carbone.
– Jaune, orange, rouge, violet, vert, brun : ocres minéraux.

La goethite (minerai de fer utilisé dès la préhistoire) passe du jaune à l’orange puis au rouge en la chauffant.
– Jaune :
La pelure d’oignon
La pomme de terre
La gaude (Reseda luteola) : plante

– Sépia : encre de sèche
– Vert :
Milpertuin
Baie de nerprin
La guède bleue associée à la gaude jaune (plantes)
– Rouge : 
La racine de garance
La cochenille (chenille)
– Bleu :
Le premier pigment de synthèse, le bleu d’Egypte (2600 av JC) vient de l’azurite (carbone de cuivre qui varie du bleu azur au bleu de Prusse).

Par la suite : le bleu d’Alexandrie ou égyptien avec de la poudre de verre (sable) colorée, du cuivre, du sodium et du calcium chauffés.
Puis les peintres utiliseront parfois le précieux lapis-lazuli (outremer).

La racine indigo
La guède : bleu pastel. Le nom de pastel vient du latin pasta car autrefois les feuilles de cette plante étaient broyées dans les moulins à pastel et formaient une pâte ensuite fermentée et séchée.
Le bleu de cobalt (1802)

Le bois de campêche (arbre mexicain) : noir, violet, bleu
– Brun :
La coque de noix verte
Le cœur de bouleau en bûche
– Pourpre : le murex (coquillage)

pigments

 

 

Léonard de Vinci : ah, les chiffres !

Soldes, rabais, remises, ristournes, bons plans, meilleurs deals, réductions, prix cassés, ventes flash, offres à prix incroyables, black friday, promotions… ou pas !

Chez moi ? Nul besoin de frénésie impulsive d’un moment.

Travail sur papier à petit prix + tarif doux d’atelier, toute l’année.

Un portrait de JC peint par Léonard de Vinci a été vendu le 15 nov 2017 à un acheteur… discret pour la somme record de 450,3 millions de dollars (avec commissions, frais, taxes) chez Christie’s.

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De quelle œuvre s’agit-il ?
Cette peinture à l’huile sur panneau de noyer mesure 65 x 45cm est intitulée Salvator Mundi (sauveur du monde). Le portrait restauré a fait partie de la collection du roi d’Angleterre Charles 1er (1625-1649).
Puis il a été vendu en 1763 avant de disparaître jusqu’en 1900. Visage et cheveux sont alors repeints.
Vendu par Sotheby’s à un collecteur américain pour 126 dollars en 1958, le tableau, considéré comme une copie, a été revendu en 2005 à un consortium de marchands américains. Restauration du tableau puis identification !
Cette peinture était la propriété du milliardaire russe Dmitri Rybolovlev. Il l’aurait acquise pour 127,5 millions de dollars auprès du marchand d’art suisse Yves Bouvier, qui l’avait lui-même achetée peu de temps avant pour 80 millions de dollars.
Est-ce un Léonard de Vinci ?
Depuis son authentification en 2011, quelques spécialistes ont émis des réserves sur le rôle qu’a joué Léonard de Vinci dans la conception du tableau.
Il s’agirait d’un travail d’atelier du maître.
« Ce qui cloche, c’est le majeur dans la main droite. Sa représentation est fausse dans l’anatomie et dans la perspective. C’est rédhibitoire pour Léonard qui est fin perspecteur et anatomiste ».
Autres grosses ventes :
Les Femmes d’Alger de Picasso : 179,4 millions de dollars en 2015.
Un De Kooning et un Gauguin, cédés dans en ventes privées en 2015 : 300 millions de dollars.
Les œuvres antérieures au XIXe siècle sont rarement présentées aux enchères car la plupart se trouvent dans des musées.

Le flou du peintre, le flou du photographe

Le flou du peintre n’est pas le flou du photographe

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Au xixes, alors que la photo apparaît, le flou désigne surtout une manière de peindre qui favorise la transparence en dissimulant les touches du pinceau.

La photographie s’approprie le terme, mais implique alors à cette époque presque toujours un défaut technique, un manque de netteté.

La notion de flou n’a cessé d’alimenter les débats techniques et esthétiques des peintres.

En 1857, deux opinions sur le flou dans la photographie s’affrontent :

– Une simple insuffisance technique.

– Le sacrifice des détails pour mettre l’accent sur les éléments prépondérants tout en estompant les parties secondaires.

Dans cet article, le portrait sera souvent pris pour exemple de comparaison entre peinture et photo. Le portrait était en effet essentiel dans la peinture des époques qui ont précédées la photo. La photographie s’y intéresse presque autant à ses débuts.

Le flou dans la peinture :

Le mot de flou apparaît dans la peinture au xviies pour exprimer la tendresse et la douceur (du lat. fluidus, fluide).

Les auteurs des siècles suivants emploient l’expression « peindre flou »  comme un contraire de « peindre durement, sèchement avec des lignes tranchées ».

Un pinceau flou permet d’éviter la dureté du passage de la lumière aux ombres et les contours tranchés durement ou trop fortement exprimés. Il adoucit les contours des formes pour permettre une transition progressive d’un ton à un autre. L’artiste balaye son œuvre d’un pinceau doux pour supprimer les traces visibles que le pinceau a pu laisser, unissant les tons dans un ensemble uni fondu.

Le mot désigne également une manière de peindre. On effleure la toile d’une caresse.

Loin de rompre la transparence de l’image, le flou renforce son illusion. Il ne se limite pas à un effet romantique qui se couperait de la réalité. Au contraire de la reproduction, il permet de s’en approcher et de la rendre plus vraisemblable en faisant oublier l’artifice du pinceau.

Le flou minimise les ruptures. Il permet à la peinture de s’approcher d’un idéal de représentation photographique indépendant de la main humaine.

Débarrassée de toute référence à l’action du peintre et au dispositif de représentation, l’œuvre peut donner l’illusion de montrer la réalité.

En estompant les touches, le flou rend la toile invisible et offre un accès direct à la scène représentée.

Léonard de Vinci affirmait que le style propre à chaque artiste devait se faire oublier pour permettre à l’œuvre une plus grande transitivité. Il avait donné au sfumato, ancêtre direct du flou, une fonction mimétique.

Le flou dans la photographie :

Au moment où la critique artistique de la photographie prend son essor à partir de 1840, le flou est encore attaché à la tradition picturale.

Puis le terme se teinte d’un nouveau sens technique photographique.

Dès son invention, la photographie est associée à la netteté qui devient sa caractéristique fondamentale. Elle s’oppose en cela à la toile picturale qui, par son contact direct avec la main et le pinceau de l’artiste, ne peut aspirer à une précision aussi franche.

La main de l’artiste n’est pas capable d’une correction microscopique. C’est heureux car les œuvres ne sont pas destinées à être vues sous un verre grossissant et l’effet général offre d’un point de vue artistique une netteté suffisante.

Incapable d’une exactitude idéale, la main de l’homme ne peut éviter une part de flou dans le rendu pictural. À l’inverse, la définition de la photographie se fonde sur un présupposé de netteté parfaite (dans la limite du cercle de confusion tout de même).

Son importance est telle que bien des critiques des débuts de la photo estiment qu’elle change  les normes de la représentation du réel, instaurant comme principe de base une exactitude irréprochable à laquelle les œuvres picturales seront comparées.

L’artiste devra dorénavant se frayer un chemin entre invraisemblance et excès de réalité.

D’abord associée principalement au monde scientifique, la photographie a souvent pour mission de représenter le monde avec une minutie que la main de l’homme ne peut atteindre, afin d’en permettre une connaissance approfondie.

En 1857, la Société française de photographie confirme la prédominance de la netteté affirmant que si quelques artistes ont trouvé dans le flou un certain charme, le plus grand nombre prétendant que la photographie n’a pas le droit d’employer de tels effets et qu’une netteté parfaite est une condition absolue.

Tendue vers la recherche de netteté irréprochable,  malgré quelques critiques d’un milieu artistique encore minoritaire, la photographie rencontre des obstacles : flous de bougé et de mise au point qui sont les principaux adversaires de l’exactitude photo.

– Le flou de bougé, provoqué par un temps de pose trop long, gêne le photographe en  recherche de l’instantané.

– La mise au point constitue le deuxième obstacle majeur

– On peut ajouter les imperfections de conception dans le compromis ou la qualité moindre des lentilles et de leur ajustement : légères déformations des objectifs qui ne permettent pas toujours d’obtenir une image uniformément nette dans le rapport définition/contraste + d’éventuelles déformations des lignes qui ne sont pas dues au point de vue du photographe (distorsion optique) + éventuel vignettage optique (assombrissement des bords et angles) + reflets dans les lentilles etc…

D’autres éléments comme l’éclairage, la situation météo, la qualité du papier ou de l’écran viennent également perturber la netteté de l’image.

Dès les années 1840, le terme de flou est utilisé pour qualifier sans distinction ces défaillances de netteté.

La précision des contours est comparée à « l’ondulation d’un mirage, ou un effet d’incendie ».

En 1862, le terme est définitivement entré dans le vocabulaire photo. On peut produire une netteté sélective en limitant la profondeur de champ : grande ouverture associée à un téléobjectif et à un capteur numérique de bonne dimension), mais un bon objectif doit pouvoir « compter les poils de barbe si l’opérateur a bien réglé la mise au point et que le modèle a bien posé ».

Un objectif médiocre ne fait jamais d’épreuves nettes.

Le mot de flou, dans la photographie, désigne un défaut technique et visuel qu’il n’impliquait pas dans la peinture.

SE PENCHER SUR LA QUESTION ET… SOYONS FLOUS !

Flou pictural et flou photographique : 

Du registre pictural et esthétique, qu’il n’abandonne pas pour autant, le terme passe dans le répertoire photo. On peut ainsi s’étonner de voir une distinction s’opérer entre le flou «pictural» et le flou «photographique» qui, malgré des aspects visuels communs, s’opposent dans leur rapport au réel et dans leur valeur esthétique.

Le flou pictural constitue une manière assumée et choisie par le peintre.

Le photographe produit soit du flou malgré lui pour des raisons techniques, soit un flou également assumé pour mettre en valeur l’élément principal net.

Le photographe se trouve placé dans des conditions bien différentes : il est lié à la réalité dans la composition.

Alors que dans la peinture le flou bien réalisé ne se fait pas remarquer, il doit au contraire être justifié en photographie par son excès de visibilité.

Si le flou permet de dissimuler les touches du peintre, il exacerbe au contraire le geste technique que le photographe cherche à dissimuler.

Le flou a ainsi un effet inverse dans la peinture et la photographie : il dissimule la technique picturale et renvoie au contraire la photographie à son fondement technique et donc à ses conditions de réalisation qui aiment se rapprocher du réel.

Dès son entrée dans le vocabulaire photographique, le flou se charge souvent d’une connotation négative qui l’oppose à la notion d’exactitude.

Du flou pictural dans la photographie :

Selon Eugène Delacroix, le daguerréotype constitue une copie fausse à force d’être exacte, le sacrifice des détails étant plus adapté au tirage papier.

Il est bien rare que nous regardions les traits d’une personne à une distance telle que nous en distinguions tous les détails, comme dans une photo.

Issu de la théorie picturale, le sacrifice des détails a pour principal objectif de permettre à la représentation de correspondre à la vision humaine qui fait le net sur un point central, laissant les parties environnantes dans un flou qui s’accentue en s’éloignant du point de focalisation.

L’œil n’a la liberté de voir tous les objets nets qu’en se fixant successivement sur chacun d’eux.

Pour ne pas dissiper le regard de l’observateur, l’artiste doit éliminer des détails pour concentrer l’attention sur le sujet central. Le sacrifice des détails se marie ainsi avec la notion de flou, car les deux partagent une même valeur mimétique, visant à rapprocher la représentation de la réalité de la vision humaine.

En photographie, le flou perd sa faculté mimétique, mais le sacrifice des détails conserve toute sa valeur.

Notre œil nous dit que, pour les vues d’ensemble, les détails s’effacent et se groupent en masse générale d’autant plus grande que nous nous éloignons davantage pour embrasser un plus grand espace.

Les premiers théoriciens du flou dans la photographie se retrouvent dans la situation paradoxale de se réclamer d’un flou pictural, mimétique et assumé par l’artiste.

La connotation négative du flou photographique à cette époque s’oppose à la persistance d’un flou pictural valable artistiquement.

Le respect de la douceur d’un bon portrait photo doit avoir le flou d’un dessin.

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Condensé et complété par Nicolas Le Clerc, d’après l’article de Pauline Martin en 2010 

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Petit article d’avril 2017  sur les flous photographiques : Le flou en photo ou cinéma

Nouvelles toiles

violon en feu

Violon

Dans un  monde parfois en feu… ou en joie

cerisier

Cerisier

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NOUVELLES TOILES :

(Giverny 1 et 2 : versions différentes du même lieu)

Amboise

Amboise (60 x 80 cm)

Giverny 1, détail

Giverny 1, détail (toile 45 cm)

Clin d'oeil à Giverny

Clin d’œil à Giverny 1

 

 

 

 

 

 

Giverny bis

Giverny 2 (toile 60 cm)

 

Giverny : ce ne sont pas du tout des copies, mais un simple clin d’œil à Claude Monet.