Aquarelle ou encre : tensions du papier

Aquarelle ou encre : les tensions du papier

 

Hors des papiers récents multi techniques indéchirables, le papier déteste l’eau… mais il n’y a pas d’aquarelle sans eau.
Pour des raisons de grain et de tensions du papier mouillé, ce support a donc beaucoup d’importance.
Bien sûr, on peut faire de l’encre sans lavis ou de l’aquarelle sur le sec, avec godets, crayons ou bâtons aquarellable partiellement mouillés en fin de dessin. Mais la magie de l’aquarelle vient beaucoup de la liberté de l’eau (en partie contrôlée).

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– L’aquarelle se fait habituellement par zones mouillées juste avant d’appliquer le pigment, par éponge, pulvérisateur, par trempage intégral du papier (dans l’eau froide car l’encollage est fragile), ou par mouillages mixte.
Le papier s’étend alors dans la cuvette d’eau, puis se rétracte au séchage : déformations et gouttières gênent alors le travail de peinture sur le mouillé. De plus, les déformations affectent la présentation du travail terminé sec.
– Les tensions du papier sont plus fortes si le support est très mouillé, de qualité insuffisante, de nature différente (coton ou fibres mixtes), de grande taille ou d’épaisseur réduite.

Les papiers spéciaux aquarelle à grain fin, satiné ou torchon font le plus souvent 300g /m² mais peuvent faire 100 à 700g.
– La vitesse de séchage va dépendre du vent, de la température, de l’hygrométrie et du support pendant le travail.

Aquarelle fév 2018 - N. LE CLERC / Au lac

Aquarelle fév 2018 – N. LE CLERC / Au lac

Lien vers galerie d’aquarelles 

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Que faire pour éviter les déformations du papier ?

Comme toujours dans les techniques d’aquarelle, nombreuses méthodes, astuces et façons de faire différentes au choix.
– Utiliser un bloc collé aux 4 côtés si cela vous convient.
– Papier adapté et qui convient à votre façon de faire.
– Mettre simplement sous presse sur une table (ou avec des serre-joints) quand la peinture est terminée et que le papier reste juste un peu humide.
– Au sortir du trempage complet de la feuille, appliquer 4 bandes de kraft gommé pour la maintenir pendant le travail et pendant le moment de séchage partiel acceptable.
Prévoir un format de papier qui tienne compte des bordures blanches pour votre format standard de passe-partout.
Par la suite et après séchage, si vous voulez le mouiller de nouveau, le papier qui s’est déjà étendu se déformera sensiblement moins (préparation de papiers vierges notamment).
– Mettre sous tension le papier par une méthode équivalente : cadre rigide qui maintient le papier agrafé…
– Certains tournent le papier mouillé recto verso pour répartir les tensions avant de peindre.

Aquarelle fév 2018 - N. LE CLERC / Doux ou fort

Aquarelle fév 2018 – N. LE CLERC / Doux ou fort

Bonne année

Faire au mieux avec énergie de vie, curiosité dans le renouveau raisonnable…

sans trop emm… bêter les autres, sans donner des leçons de vie ni se prendre trop au sérieux, car le monde est sérieux.

Aider un peu en discrétion.

C’est déjà pas mal !?

Bonne "ânnée"

Bonne « ânnée » (autoportrait sympathique)

Canular : au salon des indépendants de 1910, un tableau est présenté comme l’œuvre de Joachim-Raphaël Boronali.
Mais il a été réalisé par l’âne Lolo, dont le propriétaire Frédé, chanteur guitariste (Frédéric Gérard) est le patron du cabaret Le Lapin Agile à Montmartre.

Roland Dorgelès emprunte l’âne pour réaliser ce tableau. Un pinceau trempé dans la peinture est attaché à la queue de l’âne pendant que Frédé lui offre des gâteries pour accélérer le mouvement caudal.

Lolo et Frédé

Lolo et Frédé

Dorgelès explique sa motivation pour « montrer aux niais, aux incapables et aux vaniteux qui encombrent une partie du Salon des indépendants que l’œuvre d’un âne, brossée à grands coups de queue, n’est pas déplacée parmi leurs œuvres. »

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Commentaire perso de 2018 : lol, hi hiSans titre 1

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Se couvrir en oignons, bouger dans le froid et respirer !

Atelier ouvert l'hiver : du vivant à livre ouvert

Atelier ouvert l’hiver : du vivant à livre ouvert

Météo du moment : inondations et neige, froid.

Dommage que ça ne soit pas que jeux d’enfants !

enfants

Le style personnel

S’intéresser aux autres dans le « non personnel » oui, mais…

quelques mots sur les styles artistiques personnels :

tenter d’exister un peu !

gangnam style !!!

gangnam style !!!

– Le formatage réducteur d’une époque pressée préfère une lisibilité pour le public par un seul style qui définit un artiste.

Ce style devrait être l’aboutissement pyramidal magique de ses créations. C’est parfois vrai.

– D’autres artistes sont dans la durée en recherche fréquente d’imaginaire, par leur personnalité ou leur démarche.

Ce n’est pas un manque de maturité. Ils sont simplement différents, ce qui est banalement humain.

C’est ni mieux ni moins bien, mais comme ça.

Si cette recherche d’imaginaire s’arrête, ils perdront peut-être leur enthousiasme.

De plus, l’imaginaire est comme un muscle. Comme la mémoire, il faut le faire travailler.

Sinon, ils cesseront d’exister comme simples créateurs qui portent en eux un peu de leurs contemporains et prédécesseurs.

Ils peuvent alors faire malgré tout des variantes dans les styles qu’ils préfèrent… et c’est bien aussi.

Peinture : des découvertes

LA PEINTURE : DÉCOUVERTES PARFOIS ANCIENNES

  Quelques données :

– Une peinture comprend des pigments (poudres de couleur), des liants pour agglomérer, adhérer au support et aider au séchage (eau, huile, graisse, œuf…) et parfois des médiums pour modifier la texture et parfois aussi accélérer au séchage (gommes, résines, solvants, siccatifs, acétates, mastics…).

– A partir du XVIIIe, collaboration des artistes avec les marchands de couleurs.

– Les résines acryliques sont apparues à la fin des années 1950.

– Les pigments peuvent être d’origine naturelle (végétale, animale, minérale), synthétique et chimique (95% actuellement), organique : oxydes métalliques, roches, plantes, produits de combustion, goudron, houille, coquillages, chenilles, terres…

– Les noms des couleurs ? Dans les Beaux-arts, les marques ont le droit de donner le nom qu’elles veulent à leurs couleurs, contrairement aux arts appliqués qui se réfèrent au Pantone.

lascaux-cave-painting

Quelques origines de pigments :

– Blanc : blanc de Meudon ou d’Espagne, lait, fromage blanc, chaux, coquilles d’œuf broyées + la céruse ou blanc de plomb (carbonate de plomb, toxique) remplacé maintenant par le titane, ou le zinc (toxique aussi).
– Noir : noir de fumée, bois de campêche, oxyde de manganèse, tubes de carbone.
– Jaune, orange, rouge, violet, vert, brun : ocres minéraux.

La goethite (minerai de fer utilisé dès la préhistoire) passe du jaune à l’orange puis au rouge en la chauffant.
– Jaune :
La pelure d’oignon
La pomme de terre
La gaude (Reseda luteola) : plante

– Sépia : encre de sèche
– Vert :
Milpertuin
Baie de nerprin
La guède bleue associée à la gaude jaune (plantes)
– Rouge : 
La racine de garance
La cochenille (chenille)
– Bleu :
Le premier pigment de synthèse, le bleu d’Egypte (2600 av JC) vient de l’azurite (carbone de cuivre qui varie du bleu azur au bleu de Prusse).

Par la suite : le bleu d’Alexandrie ou égyptien avec de la poudre de verre (sable) colorée, du cuivre, du sodium et du calcium chauffés.
Puis les peintres utiliseront parfois le précieux lapis-lazuli (outremer).

La racine indigo
La guède : bleu pastel. Le nom de pastel vient du latin pasta car autrefois les feuilles de cette plante étaient broyées dans les moulins à pastel et formaient une pâte ensuite fermentée et séchée.
Le bleu de cobalt (1802)

Le bois de campêche (arbre mexicain) : noir, violet, bleu
– Brun :
La coque de noix verte
Le cœur de bouleau en bûche
– Pourpre : le murex (coquillage)

pigments

 

 

Léonard de Vinci : ah, les chiffres !

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Un portrait de JC peint par Léonard de Vinci a été vendu le 15 nov 2017 à un acheteur… discret pour la somme record de 450,3 millions de dollars (avec commissions, frais, taxes) chez Christie’s.

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De quelle œuvre s’agit-il ?
Cette peinture à l’huile sur panneau de noyer mesure 65 x 45cm est intitulée Salvator Mundi (sauveur du monde). Le portrait restauré a fait partie de la collection du roi d’Angleterre Charles 1er (1625-1649).
Puis il a été vendu en 1763 avant de disparaître jusqu’en 1900. Visage et cheveux sont alors repeints.
Vendu par Sotheby’s à un collecteur américain pour 126 dollars en 1958, le tableau, considéré comme une copie, a été revendu en 2005 à un consortium de marchands américains. Restauration du tableau puis identification !
Cette peinture était la propriété du milliardaire russe Dmitri Rybolovlev. Il l’aurait acquise pour 127,5 millions de dollars auprès du marchand d’art suisse Yves Bouvier, qui l’avait lui-même achetée peu de temps avant pour 80 millions de dollars.
Est-ce un Léonard de Vinci ?
Depuis son authentification en 2011, quelques spécialistes ont émis des réserves sur le rôle qu’a joué Léonard de Vinci dans la conception du tableau.
Il s’agirait d’un travail d’atelier du maître.
« Ce qui cloche, c’est le majeur dans la main droite. Sa représentation est fausse dans l’anatomie et dans la perspective. C’est rédhibitoire pour Léonard qui est fin perspecteur et anatomiste ».
Autres grosses ventes :
Les Femmes d’Alger de Picasso : 179,4 millions de dollars en 2015.
Un De Kooning et un Gauguin, cédés dans en ventes privées en 2015 : 300 millions de dollars.
Les œuvres antérieures au XIXe siècle sont rarement présentées aux enchères car la plupart se trouvent dans des musées.

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Histoires surprenantes 5

Nouvel album d’HISTOIRES SURPRENANTES courtes : 1 page par histoire

Zapping ou pas ? Prendre le temps de faire, de lire, de vivre pour rendre les choses intéressantes… parfois !

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54 histoires… surprenantes

– Première partie : 30 histoires en prose

– Deuxième partie : 24 histoires en vers sous le sous-titre interne à l’album de « La porte ouverte »

Histoires surprenantes 5

Voici la dernière histoire de la 1ère partie de 30 histoires :

Le pet-à-roues rose

Après la pluie douce et tiède, le soleil d’automne nous fait croire que l’été est encore là.
Les yeux clos aident à deviner les parfums des sous-bois en fermentation.
Ah… fermer les yeux avec l’espoir simpliste que le réchauffement climatique soit un bienfait !

Les bons champignons en mystères cachés sont comme les humains. Il peut être utile de les connaître.
Mais la prudence recommande de connaître les faux amis champignons qui ressemblent aux bons.

Dans son jardin, le mycologue de cette histoire vit des moments de détente, les pieds sur terre dans son quotidien et les yeux dans le ciel en douce évasion.
Quand il est au bois, il prends son pied. Il regarde alors à ses pieds les ronds de sorcières ou cercles de fées, ces colonies de champignons disposées en cercle.
Il aime les anges de parfums, cèpes ou giroles.
Il aime aussi par curiosité le démon des champignons inconnus, mystérieux vénéneux et peu véreux.
Le rond de sorcière dit au promeneur : « Fais donc par dérision un bras d’honneur aux vivants sur ta tombe, en gravant… A bientôt ! »

*

Puis, en bordure de la croisée des trois chemins forestiers, le cueilleur de champignons tombe nez à nez avec un cyclo motorisé couché sur le talus. Le deux roues est comme abandonné.
Dans le sud, plus encore quand l’échappement est perforé, ou absent comme c’est le cas ici, on appelle cela un pet-à-roues.

Son cadre d’acier a été repeint en rose. Est-ce pour faire fille, ou pour être visible dans le sous-bois ?

Le promeneur profite des frémissements naturels du vent et des gazouillis dans les branches.
Il « champignonne » tranquillement dans le bois et à petits pas.
Quand son panier est plein, il revient et repasse à la croisée des chemins. Mais le pet-à-roues rose n’est plus là. Il a disparu sans faire de bruit. C’est impossible !
Le promeneur n’en croit pas ses yeux ni ses oreilles.
S’il était naturiste, il dirait qu’il est dur de la feuille… de vigne.

*

Il se dit que l’air doit être chargé des vapeurs des gènes sans gène de champignons hallucinogènes qui tournent la tête dans le sens inverse des aiguilles… d’une machine à coudre qui rythme le temps et dit qu’il faut rentrer.
Il se dit qu’il vaut mieux éviter de chercher à tout comprendre.
Il se dit avec le gros doigt levé : « Pouce, j’arrête et rentre chez moi en stop ».

*

Plus tard, il apprendra que le cyclomotoriste était un farceur de bonne intention. Il voulait rompre avec son époque et faire l’inverse du plaisir d’un deux roues pétaradant qui agace le quartier.

Il avait caché un moteur électrique dans un pet-à-roues gai, coloré et un peu vintage.
Aucun doute, c’est un copain malin coquin taquin.

© N. Le Clerc

scooter rose

Le flou du peintre, le flou du photographe

Le flou du peintre n’est pas le flou du photographe

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Au xixes, alors que la photo apparaît, le flou désigne surtout une manière de peindre qui favorise la transparence en dissimulant les touches du pinceau.

La photographie s’approprie le terme, mais implique alors à cette époque presque toujours un défaut technique, un manque de netteté.

La notion de flou n’a cessé d’alimenter les débats techniques et esthétiques des peintres.

En 1857, deux opinions sur le flou dans la photographie s’affrontent :

– Une simple insuffisance technique.

– Le sacrifice des détails pour mettre l’accent sur les éléments prépondérants tout en estompant les parties secondaires.

Dans cet article, le portrait sera souvent pris pour exemple de comparaison entre peinture et photo. Le portrait était en effet essentiel dans la peinture des époques qui ont précédées la photo. La photographie s’y intéresse presque autant à ses débuts.

Le flou dans la peinture :

Le mot de flou apparaît dans la peinture au xviies pour exprimer la tendresse et la douceur (du lat. fluidus, fluide).

Les auteurs des siècles suivants emploient l’expression « peindre flou »  comme un contraire de « peindre durement, sèchement avec des lignes tranchées ».

Un pinceau flou permet d’éviter la dureté du passage de la lumière aux ombres et les contours tranchés durement ou trop fortement exprimés. Il adoucit les contours des formes pour permettre une transition progressive d’un ton à un autre. L’artiste balaye son œuvre d’un pinceau doux pour supprimer les traces visibles que le pinceau a pu laisser, unissant les tons dans un ensemble uni fondu.

Le mot désigne également une manière de peindre. On effleure la toile d’une caresse.

Loin de rompre la transparence de l’image, le flou renforce son illusion. Il ne se limite pas à un effet romantique qui se couperait de la réalité. Au contraire de la reproduction, il permet de s’en approcher et de la rendre plus vraisemblable en faisant oublier l’artifice du pinceau.

Le flou minimise les ruptures. Il permet à la peinture de s’approcher d’un idéal de représentation photographique indépendant de la main humaine.

Débarrassée de toute référence à l’action du peintre et au dispositif de représentation, l’œuvre peut donner l’illusion de montrer la réalité.

En estompant les touches, le flou rend la toile invisible et offre un accès direct à la scène représentée.

Léonard de Vinci affirmait que le style propre à chaque artiste devait se faire oublier pour permettre à l’œuvre une plus grande transitivité. Il avait donné au sfumato, ancêtre direct du flou, une fonction mimétique.

Le flou dans la photographie :

Au moment où la critique artistique de la photographie prend son essor à partir de 1840, le flou est encore attaché à la tradition picturale.

Puis le terme se teinte d’un nouveau sens technique photographique.

Dès son invention, la photographie est associée à la netteté qui devient sa caractéristique fondamentale. Elle s’oppose en cela à la toile picturale qui, par son contact direct avec la main et le pinceau de l’artiste, ne peut aspirer à une précision aussi franche.

La main de l’artiste n’est pas capable d’une correction microscopique. C’est heureux car les œuvres ne sont pas destinées à être vues sous un verre grossissant et l’effet général offre d’un point de vue artistique une netteté suffisante.

Incapable d’une exactitude idéale, la main de l’homme ne peut éviter une part de flou dans le rendu pictural. À l’inverse, la définition de la photographie se fonde sur un présupposé de netteté parfaite (dans la limite du cercle de confusion tout de même).

Son importance est telle que bien des critiques des débuts de la photo estiment qu’elle change  les normes de la représentation du réel, instaurant comme principe de base une exactitude irréprochable à laquelle les œuvres picturales seront comparées.

L’artiste devra dorénavant se frayer un chemin entre invraisemblance et excès de réalité.

D’abord associée principalement au monde scientifique, la photographie a souvent pour mission de représenter le monde avec une minutie que la main de l’homme ne peut atteindre, afin d’en permettre une connaissance approfondie.

En 1857, la Société française de photographie confirme la prédominance de la netteté affirmant que si quelques artistes ont trouvé dans le flou un certain charme, le plus grand nombre prétendant que la photographie n’a pas le droit d’employer de tels effets et qu’une netteté parfaite est une condition absolue.

Tendue vers la recherche de netteté irréprochable,  malgré quelques critiques d’un milieu artistique encore minoritaire, la photographie rencontre des obstacles : flous de bougé et de mise au point qui sont les principaux adversaires de l’exactitude photo.

– Le flou de bougé, provoqué par un temps de pose trop long, gêne le photographe en  recherche de l’instantané.

– La mise au point constitue le deuxième obstacle majeur

– On peut ajouter les imperfections de conception dans le compromis ou la qualité moindre des lentilles et de leur ajustement : légères déformations des objectifs qui ne permettent pas toujours d’obtenir une image uniformément nette dans le rapport définition/contraste + d’éventuelles déformations des lignes qui ne sont pas dues au point de vue du photographe (distorsion optique) + éventuel vignettage optique (assombrissement des bords et angles) + reflets dans les lentilles etc…

D’autres éléments comme l’éclairage, la situation météo, la qualité du papier ou de l’écran viennent également perturber la netteté de l’image.

Dès les années 1840, le terme de flou est utilisé pour qualifier sans distinction ces défaillances de netteté.

La précision des contours est comparée à « l’ondulation d’un mirage, ou un effet d’incendie ».

En 1862, le terme est définitivement entré dans le vocabulaire photo. On peut produire une netteté sélective en limitant la profondeur de champ : grande ouverture associée à un téléobjectif et à un capteur numérique de bonne dimension), mais un bon objectif doit pouvoir « compter les poils de barbe si l’opérateur a bien réglé la mise au point et que le modèle a bien posé ».

Un objectif médiocre ne fait jamais d’épreuves nettes.

Le mot de flou, dans la photographie, désigne un défaut technique et visuel qu’il n’impliquait pas dans la peinture.

SE PENCHER SUR LA QUESTION ET… SOYONS FLOUS !

Flou pictural et flou photographique : 

Du registre pictural et esthétique, qu’il n’abandonne pas pour autant, le terme passe dans le répertoire photo. On peut ainsi s’étonner de voir une distinction s’opérer entre le flou «pictural» et le flou «photographique» qui, malgré des aspects visuels communs, s’opposent dans leur rapport au réel et dans leur valeur esthétique.

Le flou pictural constitue une manière assumée et choisie par le peintre.

Le photographe produit soit du flou malgré lui pour des raisons techniques, soit un flou également assumé pour mettre en valeur l’élément principal net.

Le photographe se trouve placé dans des conditions bien différentes : il est lié à la réalité dans la composition.

Alors que dans la peinture le flou bien réalisé ne se fait pas remarquer, il doit au contraire être justifié en photographie par son excès de visibilité.

Si le flou permet de dissimuler les touches du peintre, il exacerbe au contraire le geste technique que le photographe cherche à dissimuler.

Le flou a ainsi un effet inverse dans la peinture et la photographie : il dissimule la technique picturale et renvoie au contraire la photographie à son fondement technique et donc à ses conditions de réalisation qui aiment se rapprocher du réel.

Dès son entrée dans le vocabulaire photographique, le flou se charge souvent d’une connotation négative qui l’oppose à la notion d’exactitude.

Du flou pictural dans la photographie :

Selon Eugène Delacroix, le daguerréotype constitue une copie fausse à force d’être exacte, le sacrifice des détails étant plus adapté au tirage papier.

Il est bien rare que nous regardions les traits d’une personne à une distance telle que nous en distinguions tous les détails, comme dans une photo.

Issu de la théorie picturale, le sacrifice des détails a pour principal objectif de permettre à la représentation de correspondre à la vision humaine qui fait le net sur un point central, laissant les parties environnantes dans un flou qui s’accentue en s’éloignant du point de focalisation.

L’œil n’a la liberté de voir tous les objets nets qu’en se fixant successivement sur chacun d’eux.

Pour ne pas dissiper le regard de l’observateur, l’artiste doit éliminer des détails pour concentrer l’attention sur le sujet central. Le sacrifice des détails se marie ainsi avec la notion de flou, car les deux partagent une même valeur mimétique, visant à rapprocher la représentation de la réalité de la vision humaine.

En photographie, le flou perd sa faculté mimétique, mais le sacrifice des détails conserve toute sa valeur.

Notre œil nous dit que, pour les vues d’ensemble, les détails s’effacent et se groupent en masse générale d’autant plus grande que nous nous éloignons davantage pour embrasser un plus grand espace.

Les premiers théoriciens du flou dans la photographie se retrouvent dans la situation paradoxale de se réclamer d’un flou pictural, mimétique et assumé par l’artiste.

La connotation négative du flou photographique à cette époque s’oppose à la persistance d’un flou pictural valable artistiquement.

Le respect de la douceur d’un bon portrait photo doit avoir le flou d’un dessin.

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Condensé et complété par Nicolas Le Clerc, d’après l’article de Pauline Martin en 2010 

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Petit article d’avril 2017  sur les flous photographiques : Le flou en photo ou cinéma

Nouvelles toiles

violon en feu

Violon

Dans un  monde parfois en feu…

cerisier

Cerisier

… ou en joie

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NOUVELLES TOILES :

Amboise

Amboise (60 x 80 cm)

Giverny 1, détail

Giverny 1, détail (45 cm)

Clin d'oeil à Giverny

Clin d’œil à Giverny 1

 

 

 

 

 

 

Giverny bis

Giverny 2 (L : 60 cm)

 

Giverny : ce ne sont pas des copies, un simple clin d’œil à Claude Monet.

Image… sage ?

Qu’est-ce que la peinture et la photo ?

L’image dessinée ou peinte : à fabriquer pas à pas, à petits pas feutrés.

L’image photo : un confetti… de vrai ?

les pas

Une bonne photo est rare. Pourtant, si on additionne les temps avec un peu de mauvaise foi, cent bonnes photos prises au 1/100 s ne font qu’une seule seconde.

 

Que peuvent devenir 100 mauvaises photos d’une réalité non virtuelle ? Partir à la corbeille virtuelle informatique… sauf si elles contiennent un affectif personnel réel mais impalpable.

 

Dérision tranquille des choses.