Archive pour janvier 2011

Les corrections (article enfant n°7)

Il ne faut pas oublier l’essentiel. Comme dit le peintre Braque :  » En art, il n’est qu’une chose qui vaille, celle qu’on ne peut expliquer « .

Le professeur est avant tout un spectateur content de voir une trouvaille, une couleur…Donc, encouragements et admiration bien avant les corrections. Des petites corrections sont parfois possibles avec son acceptation si on connaît bien l’enfant dans ses créations.

Souvent, il faut encourager longtemps avant que l’enfant révèle un monde oublié ou caché. « J’aime bien ton dessin, et toi ? »

L’enseignement sera avant tout d’aider l’enfant à se libérer de cette pesanteur qui l’entraîne à se répéter lui-même, à copier sans comprendre ni sentir, à laisser son oeuvre inachevée. « Je jette mon dessin, il est mal » veut souvent dire « Je n’ai pas le courage de continuer, je vais faire ce que je sais faire ».

Vers 10 ans, l’enfant n’est souvent plus satisfait de son dessin. Il lui manque quelque chose et l’exprime verbalement…ou pas. Il veut être « corrigé ». Il demande un jugement de valeur : bien mal, mais est surtout en attente de règles, de raisons extérieures à lui-même. On peut glisser vers un débat technique.

Vers 11-12 ans, l’observation ne suffit plus et on découvre qu’un croquis, c’est difficile. On se laisse déborder par les détails et il faut faire des choix. Les explications collectives sont plus faciles à partir de cet âge.

D’après les écrits de F. Le Clerc

 

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Chevaux et art / photo N. Le Clerc

Une fameuse correction à cheval / photo (d'époque) N. Le Clerc

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Reproduire, modèles (article enfant n°6)

Rien ne vaut, pour comprendre et fouiller une oeuvre, que de s’exercer à la reproduire : étude de la composition, des proportions, de la profondeur (perspective, ombres, variation des couleurs selon l’éloignement, épaisseur de peinture) et des couleurs avec leur dominante.

Toutefois, plus ils sont jeunes, plus ils veulent transformer selon leur imaginaire : changement de format, utilisation partielle ou agrandissement de détail, transformation de sculpture en tableau ou de peinture en gravure. C’est bien aussi. L’apprentissage des techniques se fera par la suite, ou par petites étapes.

Parfois, il se trouve que l’oeuvre d’un artiste corresponde aux désirs, à la vision, à la compréhension d’un enfant. L’apprentissage rapide ou plus approfondi de la technique permet alors de reproduire les principes à des créations très personnelles.

Le modèle :

Un enfant, comme un adulte, peut avoir une mémoire visuelle limitée. Il peut alors se complaire dans les formes apprises et expérimentées.

Les images modèles qui serviront d’étude ou d’inspiration sont souvent choisies sans hésitation par les jeunes enfants : « J’aime. J’aime pas. Je n’en veut pas ». Dessiner ou peindre d’après nature n’est pas facile à organiser et les sujets sont souvent limités. Il faut un choix important de modèles : images et objets hétéroclites, insolites, familiers.

Il n’est pas toujours facile de s’approprier un modèle, d’en être « inspiré ». Sinon, l’exercice sera simplement froid et habile.

C’est souvent à partir de 11 ans que l’enfant demande un fort soutien, un excitant extérieur à lui pour faire une nature morte, un portrait…Mais le refus de l’imitation peut revenir à tout âge : imaginaire ou besoin de liberté.

 

D’après les écrits de F. Le Clerc

Camargue cygnes / photo N. Le Clerc

Des modèles simples mais mobiles de cygnes en Camargue / photo N. Le Clerc