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Léonard de Vinci : ah, les chiffres !

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Chez moi ? Nul besoin de frénésie impulsive d’un moment.

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Un portrait de JC peint par Léonard de Vinci a été vendu le 15 nov 2017 à un acheteur… discret pour la somme record de 450,3 millions de dollars (avec commissions, frais, taxes) chez Christie’s.

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De quelle œuvre s’agit-il ?
Cette peinture à l’huile sur panneau de noyer mesure 65 x 45cm est intitulée Salvator Mundi (sauveur du monde). Le portrait restauré a fait partie de la collection du roi d’Angleterre Charles 1er (1625-1649).
Puis il a été vendu en 1763 avant de disparaître jusqu’en 1900. Visage et cheveux sont alors repeints.
Vendu par Sotheby’s à un collecteur américain pour 126 dollars en 1958, le tableau, considéré comme une copie, a été revendu en 2005 à un consortium de marchands américains. Restauration du tableau puis identification !
Cette peinture était la propriété du milliardaire russe Dmitri Rybolovlev. Il l’aurait acquise pour 127,5 millions de dollars auprès du marchand d’art suisse Yves Bouvier, qui l’avait lui-même achetée peu de temps avant pour 80 millions de dollars.
Est-ce un Léonard de Vinci ?
Depuis son authentification en 2011, quelques spécialistes ont émis des réserves sur le rôle qu’a joué Léonard de Vinci dans la conception du tableau.
Il s’agirait d’un travail d’atelier du maître.
« Ce qui cloche, c’est le majeur dans la main droite. Sa représentation est fausse dans l’anatomie et dans la perspective. C’est rédhibitoire pour Léonard qui est fin perspecteur et anatomiste ».
Autres grosses ventes :
Les Femmes d’Alger de Picasso : 179,4 millions de dollars en 2015.
Un De Kooning et un Gauguin, cédés dans en ventes privées en 2015 : 300 millions de dollars.
Les œuvres antérieures au XIXe siècle sont rarement présentées aux enchères car la plupart se trouvent dans des musées.

La Joconde

Léonard de Vinci travailla au portrait de Mona Lisa, La Joconde, pendant quatre ans, de 1502 à 1506 (séchage des multiples glacis).

C’est une huile sur panneau de bois de peuplier, de format 77 x 53 cm.

Le roi de France François Ier lui acheta pour 4000 pièces d’or.
Elle repose maintenant au musée du Louvre : actuellement, autour de 15 000 visiteurs/jour.

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« Je souris des efforts que tu fais pour deviner ce qui me fait sourire »

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Des anecdotes parmi d’autres :
– On compte une soixantaine de copies anciennes… plus les copies récentes.
– Un ouvrier Italien peintre décorateur au Louvre, vola la Joconde en 1911 pour la rapporter dans son pays par patriotisme… et essayer d’en tirer profit.
Il ne restait du clou de la collection du Louvre que quatre clous de fixation. Mais on fit la queue au Louvre pour défiler devant l’emplacement vide !
On pourrait ajouter : « tu m’as volé un sourire ! »
Une somme mirobolante :
Un siècle plus tard, la photographie d’identité judiciaire du voleur a été adjugée à 3.825 euros en mars 2012 lors d’une vente aux enchères parisienne dédiées aux photos et organisée par la Maison Tajan. Ce cliché, de 123 X 54 mm, pris par Alphonse Bertillon en 1909, montre Vincenzo Peruggia de profil et de face.

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Une petite enquête sur 98 visiteurs observés :

Le temps passé est très court : 15 secondes en moyenne. La majorité des visiteurs, qui sont très rarement seuls, regarde pourtant très intensément le tableau. Les petits groupes partagent des commentaires à voix haute : « je la croyais plus grande ».
Un homme et deux femmes ont eu des comportements atypiques.
Un homme, handicapé, est resté un peu plus d’une heure sur son fauteuil roulant. Dès son arrivée, il demanda à des jeunes filles de le rapprocher du tableau. Dès qu’elles furent parties, ce qu’il vérifia en tendant le cou vers l’ouverture de la salle suivante, il demanda à d’autres jeunes filles de l’aider à prendre du recul… Il se fit ainsi déplacer sept ou huit fois et ce petit ballet dura une heure.
Ensuite, deux femmes étaient en contemplation et en conversation très animée. Au bout d’une demi-heure en face du tableau, soit beaucoup plus de temps que la plupart des visiteurs. Étaient-elles historiennes d’art, conservatrices de musées ? Nous nous sommes rapprochés. Elles parlaient… recette de cuisine en face de la Joconde, et pas de Léonard ou de son sfumato (voir Lexique).
Les questions que se posent les visiteurs ne sont pas toujours celles auxquelles les audio guides « voudraient » répondre !
A notre demande « Quelle est la première question que vous vous posez ? », nous avons eu les résultats suivants : Un premier groupe de réponses très majoritaires avec ce « Combien coûte-t-elle ? ». Les deux autres questions étaient « Mais c’est impossible que ce soit un homme, elle a l’air d’une femme ! » ; « C’est vrai qu’elle a été volée ? C’est peut-être un faux, alors ? ». Le dernier groupe de questions portait sur sa notoriété : « Pourquoi est-elle si célèbre ? Depuis quand ? ».
Et après seulement on notait de « bonnes » questions pour les historiens d’art : son authenticité, son style, le sfumato, l’histoire du tableau, sa place dans l’histoire de l’art, dans l’œuvre de Vinci, l’engouement des artistes pour Léonard et la Joconde, les restaurations, celles du cadre, sa protection, ses prêts et voyages, l’impossibilité de la prêter aujourd’hui, sa valeur, sa reconnaissance au cours des siècles…

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Un commentaire qui, par son vécu, désacralise un peu le sujet :
« Que d’histoires pour un tableau ! J’ai visité le Louvre comme tout collégien à qui l’on impose ce pèlerinage. Je n’ai pas pu approcher, une horde de résidents du soleil-levant monopolisait les abords. Quand ma classe a pu approcher après mille excuses et jouer des coudes, que ne fut pas ma déception de voir un ridicule petit tableau. Une barrière ne permettait pas d’approcher. Fallait une longue vue.
Heureusement que mon livre d’histoire présente plus avantageusement la Mona Lisa ».

LE NOMBRE D’OR en peinture et sculpture

Définition du nombre d’or ou proportion dorée : c’est le rapport le plus harmonieux entre deux grandeurs.

 

Histoire :
– De tous temps, sculpteurs, peintres et architectes ont cherché à établir des proportions magiques, géométriques, parfaites !
– Le sculpteur grec Phidias (Ve siècle av JC) a utilisé le nombre d’or pour le Parthénon d’Athènes (bâtiment, statues). La lettre grecque phi peut ainsi être utilisée pour désigner le nombre d’or.
– La pyramide de Khéops (2800 av JC) qui se mesure en coudées, a des dimensions qui sont en rapport avec ce nombre, voire avec la mesure de π… (et du mètre ? Certains le pensent, ce qui impliquerait bien sûr de connaître les dimensions de la terre).

Exemple cocasse : le mètre étalon (de nos jours) est la première unité de mesure du système métrique initial, la 10 000 000 e partie d’une moitié de méridien terrestre.

Il est par la suite utilisé, soit comme un multiple d’une longueur d’onde, soit comme la longueur du trajet parcouru par la lumière dans le vide pendant une durée d’un 299 792 458 e/seconde. Ah, les thermomètres !

Dunes

Pyramides de sable : Khéops n’est pas loin.
Le nombre dort en sarcophage d’or près des sables dorés.

– Euclide (IIIe s av JC) fait référence au rapport géométrique harmonieux entre deux sections.
– Le mathématicien Fra Luca Pacioli écrit « la divine proportion » en 1498.
– Le philosophe Adolf Zeising (XIXe s ap JC) trouve le rapport du nombre d’or dans beaucoup de monuments classiques. Il introduit le côté mystique et le mythe du nombre d’or.
– De nombreux ouvrages du XXe s sur les arts et la nature insistent sur la prééminence du nombre d’or. L’architecte Le Corbusier donne les proportions des parties du corps.

– On peut aussi noter d’autres nombres d’or :

Cycle lunaire de 19 ans introduit par l’astronome Grec Méton au Ve siècle av JC et inscrit en lettres d’or sur les monuments publics.

L’inverse du nombre habituel est parfois aussi appelé nombre d’or : 0,5 x (racine de 5 -1).

 

 Le chiffre  du nombre d’or : φ

0,5 x (racine de 5 +1) = 1,618033988…

Des millions de décimales peuvent être trouvées. Le chiffre n’est donc pas rigoureux.

– Comment l’utiliser simplement : vous multipliez la petite dimension par 1,62. Si le résultat donne à peu près la grande dimension, vous êtes proche du nombre d’or.
Soit en plus simple et approximatif, mais suffisant pour un usage courant d’esthétique : une dimension d’un gros tiers associée à une dimension de deux petits tiers.

– Un compas pointé à la moitié du côté d’un carré pourra donner deux rectangles d’or.
Si vous aimez les mathématiques, vous pourrez facilement trouver d’autres calculs sur la question.

rectangles d'or

Rectangles d’or

a : carré rouge de référence

b : rectangle d’or vert

a + b : rectangle d’or également

 

 Qu’en penser ? : ce que vous voulez !
– Vous pensez avoir trouvé dans le nombre d’or la pierre philosophale ou le Graal ? Vous êtes adepte d’une conception de beauté absolue, de clef du monde et de « divine proportion » ?
– Vous voyez un peu de mystère et de magie dans l’artistique ? Peut-être, mais il y a aussi de l’envie, de l’observation et du travail (par étapes et j’espère avec du plaisir).
– Un rectangle standard dessiné par quelqu’un est souvent peu éloigné du nombre d’or. C’est la preuve de son importance, ou la banalité d’une proportion dont l’énoncé interdit le carré et qui accepte l’approximation.

– Imaginons un chiffre quelconque que l’on veut rendre magique : 11. On pourra trouver bien des exemples « naturels » qui s’en rapprochent, et encore plus si l’on accepte les chiffres proches : 10 et 12
– Quand on cherche, on trouve. Par exemple, cherchons le chiffre de 1,4 depuis l’antiquité. Ce chiffre n’a rien à voir avec le nombre d’or. Pourtant, de nombreuses preuves de son importance pourront être trouvées. C’est aussi presque la racine de 2, et une feuille standard A3, A4…

– Une pyramide égyptienne n’aurait-elle pas pu être un peu plus pointue ou trapue sans que cela dénature son aspect majestueux, prestigieux ou sa solidité ? De plus, toutes les pyramides de l’antiquité ne répondent pas à ce calcul.
– Le corps humain ? On peut chercher en priorité les distances au nombril symbolique originel. C’est une tendance naturelle mais très arbitraire.
Les membres ? Cela fonctionne peu, mais une phalange s’en rapproche déjà davantage dans ses dimensions largeur longueur.
Votre corps n’est pas dans la « divine proportion » du calcul ? C’est ennuyeux : faudra-t-il changer l’Homme ou la calculette ?
– La répartition des étamines de tournesol répond au nombre d’or, mais les exemples qui ne fonctionnent pas dans la nature sont légion.
– Une image dont le sujet principal ou la ligne d’horizon sont décentrés, cela fonctionne souvent en standard, mais pas toujours lorsqu’une idée prévaut sur les canons esthétiques académiques.
Le portrait de face traditionnel du peintre ou du photographe est souvent centré gauche-droite, donc pas de nombre d’or, mais l’œil est décentré vers le haut… Un animal ou personnage de profil en gros plan sera souvent décentré pour laisser de la place au regard à l’intérieur de l’image, mais c’est alors beaucoup pour éviter un questionnement : que regarderait ce personnage au nez proche du cadre ?
– Nombre d’or et dimensions des toiles à peindre ? la division Longueur/largeur rapproche plus du format français de toile « marine » qui n’est pourtant pas le plus utilisé, d’autant que tous les formats peuvent se valoir, du carré à l’ovale, du panoramique aux formes géométriques incongrues.
– Doit-on faire chauffer la calculette pour composer un tableau ou laisser le nombre d’or dormir ?

Répondre tous ensemble à des critères rigoureux algébriques ou géométriques ?

Et si l’à peu près mathématique est suffisant, ne peut-on pas sentir les équilibres dans la diversité ?

Cultiver son goût et affiner son regard ?

– Décentrer sensiblement un sujet est souvent plus doux et esthétique qu’une symétrie rigoureuse, mais il est agréable de sortir des canons et sentiers battus de tous ordres, y compris « les nombres d’or ». Il vaut peut-être mieux alors le faire nettement pour montrer que cela correspond à une idée, un message, une sensation. Ceci en conscience et cohérence avec l’ensemble de la composition.

Ah, l’attirance pour la magie absolue sacrée des choses… et l’or !

N. Le Clerc

 

Vous pouvez lire le livre sur la question de Marguerite Neveux, docteur en histoire de l’art, ou consulter ses articles disponibles sur internet (recherche par mots clefs).

  

Étude de Léonard de Vinci

La plus belle femme du monde?
Pas vraiment !
Étude de Léonard de Vinci sur le corps humain : « L’homme de Vitruve »
Proportions, proportions…

 

Le nombre d’or bouge-t-il,

Est-il futile dort-t-il ?

Est-ce un jaune projectile

Ou un lingot dingo ?

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Est-ce le pays noir blanc

De l’absolu sans gris

Qui rêve de paradis,

De rires à pleines dents ?

.

Le vent souffle à l’instinct,

Nous ignore ou nous aide,

Nous respire ou nous glace.

.

Quand l’air vente, fait l’instant,

La vie est fluide d’huile

Et la voile fuit l’effort.

.

Quand le vent inutile

Clapote la vie, ondule,

Souque la pirogue, c’est pire.

.

En ivresse de friture,

Sauras-tu t’amarrer

Au dos d’un cachalot

Ou d’un poisson-volant ?

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Plus de déconfiture,

Viens sur mon île coco

Aux vraies valeurs nature,

L’eau fraîche coule à gogo.

                                                                     ©  NL

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