Histoires surprenantes n°5

Nouvel album d’HISTOIRES SURPRENANTES courtes : 1 page par histoire

Zapping ou pas ? Prendre le temps de faire, de lire, de vivre pour rendre les choses intéressantes… parfois !

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54 histoires… surprenantes

– Première partie : 30 histoires en prose

– Deuxième partie : 24 histoires en vers sous le sous-titre interne à l’album de « La porte ouverte »

Histoires surprenantes 5

Voici la dernière histoire de la 1ère partie de 30 histoires :

Le pet-à-roues rose

Après la pluie douce et tiède, le soleil d’automne nous fait croire que l’été est encore là.
Les yeux clos aident à deviner les parfums des sous-bois en fermentation.
Ah… fermer les yeux avec l’espoir simpliste que le réchauffement climatique soit un bienfait !

Les bons champignons en mystères cachés sont comme les humains. Il peut être utile de les connaître.
Mais la prudence recommande de connaître les faux amis champignons qui ressemblent aux bons.

Dans son jardin, le mycologue de cette histoire vit des moments de détente, les pieds sur terre dans son quotidien et les yeux dans le ciel en douce évasion.
Quand il est au bois, il prends son pied. Il regarde alors à ses pieds les ronds de sorcières ou cercles de fées, ces colonies de champignons disposées en cercle.
Il aime les anges de parfums, cèpes ou giroles.
Il aime aussi par curiosité le démon des champignons inconnus, mystérieux vénéneux et peu véreux.
Le rond de sorcière dit au promeneur : « Fais donc par dérision un bras d’honneur aux vivants sur ta tombe, en gravant… A bientôt ! »

*

Puis, en bordure de la croisée des trois chemins forestiers, le cueilleur de champignons tombe nez à nez avec un cyclo motorisé couché sur le talus. Le deux roues est comme abandonné.
Dans le sud, plus encore quand l’échappement est perforé, ou absent comme c’est le cas ici, on appelle cela un pet-à-roues.

Son cadre d’acier a été repeint en rose. Est-ce pour faire fille, ou pour être visible dans le sous-bois ?

Le promeneur profite des frémissements naturels du vent et des gazouillis dans les branches.
Il « champignonne » tranquillement dans le bois et à petits pas.
Quand son panier est plein, il revient et repasse à la croisée des chemins. Mais le pet-à-roues rose n’est plus là. Il a disparu sans faire de bruit. C’est impossible !
Le promeneur n’en croit pas ses yeux ni ses oreilles.
S’il était naturiste, il dirait qu’il est dur de la feuille… de vigne.

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Il se dit que l’air doit être chargé des vapeurs des gènes sans gène de champignons hallucinogènes qui tournent la tête dans le sens inverse des aiguilles… d’une machine à coudre qui rythme le temps et dit qu’il faut rentrer.
Il se dit qu’il vaut mieux éviter de chercher à tout comprendre.
Il se dit avec le gros doigt levé : « Pouce, j’arrête et rentre chez moi en stop ».

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Plus tard, il apprendra que le cyclomotoriste était un farceur de bonne intention. Il voulait rompre avec son époque et faire l’inverse du plaisir d’un deux roues pétaradant qui agace le quartier.

Il avait caché un moteur électrique dans un pet-à-roues gai, coloré et un peu vintage.
Aucun doute, c’est un copain malin coquin taquin.

© N. Le Clerc

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