La Joconde

Léonard de Vinci travailla au portrait de Mona Lisa, La Joconde, pendant quatre ans, de 1502 à 1506 (séchage des multiples glacis).

C’est une huile sur panneau de bois de peuplier, de format 77 x 53 cm.

Le roi de France François Ier lui acheta pour 4000 pièces d’or.
Elle repose maintenant au musée du Louvre : actuellement, autour de 15 000 visiteurs/jour.

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« Je souris des efforts que tu fais pour deviner ce qui me fait sourire »

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Des anecdotes parmi d’autres :
– On compte une soixantaine de copies anciennes… plus les copies récentes.
– Un ouvrier Italien peintre décorateur au Louvre, vola la Joconde en 1911 pour la rapporter dans son pays par patriotisme… et essayer d’en tirer profit.
Il ne restait du clou de la collection du Louvre que quatre clous de fixation. Mais on fit la queue au Louvre pour défiler devant l’emplacement vide !
On pourrait ajouter : « tu m’as volé un sourire ! »
Une somme mirobolante :
Un siècle plus tard, la photographie d’identité judiciaire du voleur a été adjugée à 3.825 euros en mars 2012 lors d’une vente aux enchères parisienne dédiées aux photos et organisée par la Maison Tajan. Ce cliché, de 123 X 54 mm, pris par Alphonse Bertillon en 1909, montre Vincenzo Peruggia de profil et de face.

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Une petite enquête sur 98 visiteurs observés :

Le temps passé est très court : 15 secondes en moyenne. La majorité des visiteurs, qui sont très rarement seuls, regarde pourtant très intensément le tableau. Les petits groupes partagent des commentaires à voix haute : « je la croyais plus grande ».
Un homme et deux femmes ont eu des comportements atypiques.
Un homme, handicapé, est resté un peu plus d’une heure sur son fauteuil roulant. Dès son arrivée, il demanda à des jeunes filles de le rapprocher du tableau. Dès qu’elles furent parties, ce qu’il vérifia en tendant le cou vers l’ouverture de la salle suivante, il demanda à d’autres jeunes filles de l’aider à prendre du recul… Il se fit ainsi déplacer sept ou huit fois et ce petit ballet dura une heure.
Ensuite, deux femmes étaient en contemplation et en conversation très animée. Au bout d’une demi-heure en face du tableau, soit beaucoup plus de temps que la plupart des visiteurs. Étaient-elles historiennes d’art, conservatrices de musées ? Nous nous sommes rapprochés. Elles parlaient… recette de cuisine en face de la Joconde, et pas de Léonard ou de son sfumato (voir Lexique).
Les questions que se posent les visiteurs ne sont pas toujours celles auxquelles les audio guides « voudraient » répondre !
A notre demande « Quelle est la première question que vous vous posez ? », nous avons eu les résultats suivants : Un premier groupe de réponses très majoritaires avec ce « Combien coûte-t-elle ? ». Les deux autres questions étaient « Mais c’est impossible que ce soit un homme, elle a l’air d’une femme ! » ; « C’est vrai qu’elle a été volée ? C’est peut-être un faux, alors ? ». Le dernier groupe de questions portait sur sa notoriété : « Pourquoi est-elle si célèbre ? Depuis quand ? ».
Et après seulement on notait de « bonnes » questions pour les historiens d’art : son authenticité, son style, le sfumato, l’histoire du tableau, sa place dans l’histoire de l’art, dans l’œuvre de Vinci, l’engouement des artistes pour Léonard et la Joconde, les restaurations, celles du cadre, sa protection, ses prêts et voyages, l’impossibilité de la prêter aujourd’hui, sa valeur, sa reconnaissance au cours des siècles…

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Un commentaire qui, par son vécu, désacralise un peu le sujet :
« Que d’histoires pour un tableau ! J’ai visité le Louvre comme tout collégien à qui l’on impose ce pèlerinage. Je n’ai pas pu approcher, une horde de résidents du soleil-levant monopolisait les abords. Quand ma classe a pu approcher après mille excuses et jouer des coudes, que ne fut pas ma déception de voir un ridicule petit tableau. Une barrière ne permettait pas d’approcher. Fallait une longue vue.
Heureusement que mon livre d’histoire présente plus avantageusement la Mona Lisa ».

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